La disgrâce de la Citadelle

La faveur royale cessa lorsque Jean V d’Armagnac, soupçonné de félonie, tomba en disgrâce. Ses biens furent saisis. Citadelle AveyronUne première fois vers 1443 au profit du dauphin, futur Louis XI, et encore en 1470 pour être dépecés entre les favoris du moment. Charles d’Armagnac, frère du Comte et héritier de droit, connut durant de longues années les cachots de la Bastille, d’où il ne devait sortir qu'en 1483.
Lorsqu’il fût rétabli dans ses droits patrimoniaux, les mécontents lésés et coalisés investissent le château de La Roque et le soumettent à un feu si meurtrier que l’on préféra acheter la levée du siège contre une forte indemnité versée aux assaillants.

La politique de Richelieu

Les places fortes de l’intérieur perdaient de leur importance à mesure que le pouvoir royal se fortifiait. Elles étaient de ce fait mal entretenues. C’est d’ailleurs plutôt son prestige que sa force qui permit à celle de La Roque de jouer un rôle de dissuasion durant les guerres de religion. En 1620, on songea bien à la remettre en état, mais on recula devant la dépense. En 1623 on décida son démantèlement. C’était d’ailleurs la politique de Richelieu, qui craignait que les forteresses trop mal défendues ne tombent aux mains d’une noblesse frondeuse en lutte contre le pouvoir royal. Suite au démantèlement de son château, La Roque gagna en tranquillité…. mais perdit en importance. Les familles nobles du voisinage désertèrent les résidences secondaires qu’elles y possédaient. Dès 1660, le siège du tribunal est transféré à Saint-saturnin. La révolution allait apporter le coup de grâce en fusionnant la communauté de La Roque dans celle de Saint Saturnin.

La Citadelle à son apogée

Lorsque le visiteur prend la peine de gravir la crête rocheuse qui pointe à quelque 200 mètres plus au sud, d'un seul coup d’œil il saisit l'importance que pouvait revêtir la Citadelle de La Roque Valzèrgues. De la fin du Xème siècle où le Château devint propriété de la couronne, jusqu'à son démantèlement volontaire au début du XVème siècle, il changea plusieurs fois de mains et subit maints dommages. Les derniers aménagements eurent lieu lorsque les comtes d'Armagnac et de Rodez connurent la disgrâce royale et que le château devint l'apanage du dauphin, futur Louis XI. Une pierre gravée a ses armes, insérée plus tard dans les murs de l'église romane en est la preuve. Au siècle suivant, le pouvoir royal en négligea l'entretien, au point qu'en 1622 une restauration générale eut entraîné de tels frais qu'on préféra en consommer les matériaux plutôt que d'offrir un nid de résistance à d'éventuels frondeurs. Les défenses de la Roque l'entouraient d'une double enceinte qu'on appelait alors la « forteresse basse». Elles englobaient également la « forteresse haute ». II ne reste presque rien du mur extérieur ou fausse-braye, qu'un fossé (ou valat, en occitan).


En arrière du premier mur, un terre-plein permettait à la garnison de se porter rapidement vers le point le plus menacé et de se regrouper, face a la vallée, sur une terrasse plus large : le boulevard. Sur certaines portions de son périmètre, Le Pourtalas La Roqueles bases de l'enceinte intérieure ont été conservées comme murs de soutènement. Il n'est pas aisé d'y retrouver les derniers vestiges de la tour ronde, dite du boulevard, ni de la grande porte, appelée aujourd'hui Pourtalas. Cette dernière s'intégrait alors dans un ensemble protégé par un « gabion » et un pont-levis. Elle et comportait également un corps de garde aujourd'hui transformé en mini-musée. Dominant la muraille, des gabions permettaient une meilleure concentration du tir. La Maison Neuve servait a la fois de résidence au juge et de siège à son tribunal. La Maison de la Chapelle était probablement le logis des châtelains. Outre ces demeures et les résidences des nobles environnants, l'enceinte ne devait guère abriter que le logis du Capitaine, des casernements, des écuries, et des magasins. Lorsque la population était contrainte de s'y replier, l'église lui offrait un asile provisoire. Le sommet de la Roque était couronné d'une tour carrée comportant trois niveaux. Le plus bas partiellement creusé clans le roc, était une citerne recueillant les eaux pluviales amenées des étages supérieurs grâce a un système de bassins et de canaux. Au-dessus était la chambre de Madame, dotée d'une cheminée et de deux fenêtres. Tout en haut, un réduit avec chemin de ronde ou violette.

La plate-forme régnant en contrebas était soutenue par une muraille renforcée de deux gabions. Un pont-levis l'isolait de la porte. De la plate-forme, un escalier taillé a même le rocher menait a l'entrée de la forteresse basse en desservant au passage un bâtiment à deux niveaux. Un document de 1291, dont l'historien de Barrause se fait l'écho, révèle que grâce au château de La Roque le roi entendait imposer son autorité et sa justice. Dans la citerne, véritable oubliettesans jour et sans issue ») étaient jetés les condamnés à mort, tandis qu'un cachot voisin de la tour était réservé aux nobles, et à ceux qui n'avaient pas encouru la peine capitale.

-Textes d'après "Sauvegarde du Rouergue"-

en savoir plus sur La Roque Valzergues et sa région :
Mairie de Saint Saturnin de Lenne
Office du Tourisme des Causses à l'Aubrac
Communauté de Communes des Causses à l'Aubrac