La Croix de la Mission

La Croix est érigée en 1826, à l'issue d'une mission. Elle remplace un oratoire existant déjà en 1747 et converti en Halle au blé en 1802.
Croix Passion du ChristAu 19ème siècle, la France connaît une ère de rénovation spirituelle, marquée par le renouveau de l'art sacré et le développement des missions paroissiales. Celles-ci, animées par des prêtres « missionnaires », durent plusieurs semaines, se composent d'instructions religieuses, de sermons, de conférences, de confessions et de processions, et s'achèvent souvent par l'érection d'une croix. Le nombre de croix de mission et de plaques commémoratives érigées jusque dans les années 1950 illustre l’importance de ce type d'action pastorale.
La Croix de la Mission de Campagnac a été fabriquée par un atelier de fondeurs établi à Lyon, près de la cathédrale. Une trentaine de croix de cet atelier a été identifiée dans le sud-est de la France, en particulier dans l'Aveyron (Saintt Laurent d’Olt, Lassouts , Montrozier, etc...). Celle de Campagnac est la plus ancienne. Il s'agit d'une croix monumentale de 5,35 mètres de haut et de 2,30 m d'envergure. La structure est en fer forgé et les éléments décoratifs, vissés ou boulonnés, en fonte moulée.

Une illustration exceptionnelle de la Passion du Christ

Mettant en images La Passion du Christ à partir des symboles tirés de la Bible, la croix est exceptionnelle par la richesse de son décor. Une croix très proche et érigée en 1862 à Essertines-Hautes, près de Montbrison dans la Loire. Les branches sont terminées par des fleurons représentant le chiffre de la Vierge Marie (« A M », Ave Maria). Le fût comporte des épis de blé et des grappes de raisin, à l'origine du pain et du vin, symbole du corps et du sang du Christ. A la base de la Croix, le pélican évoque le sacrifice de Jésus (il donne sa vie pour sauver les hommes du péché originel) et sa résurrection. D’après la légende, le pélican nourrit ses petits en leur donnant sa propre chair et les ressuscite en versant son sang sur eux. En haut de la croix, l'inscription JNRJ est un acronyme de l'expression Jésus de Nazareth Roi des Juifs, motif de la condamnation de Jésus, exécuté en tant que criminel politique. Le calice et l’hostie évoquent l'Eucharistie, partage du pain et du vin lors de la Cène, dernier repas de Jésus avec les apôtres. Place de la CroixSur la face avant du croisillon, le Sacré-Cœur est représenté sous la forme d'un cœur enflammé (brûlant de l’amour infini de Jésus pour les hommes) et saignant (percé sur la croix par la lance du soldat Longin). Il est au centre de la couronne d'épines, fait par les bourreaux et placée par dérision sur la tête de Jésus. Sur la face arrière du croisillon, l'agneau est couché sur le livre aux sept sceaux. Ce thème est tiré du livre de l'Apocalypse de Saint-Jean. L’Agneau (le Christ) ouvre successivement 7 sceaux qui dévoilent chacun une vision annonçant la fin des temps et la révélation du Royaume de Dieu. Les branches du croisillon présentent les instruments ou objets de la Passion du Christ.

  • Branche gauche : torche et lanterne des gardes venu chercher Jésus au jardin des Oliviers sous la conduite de Juda. Fouet de la flagellation de Jésus. Palmes agitées par la foule pour l'accueillir à Jérusalem. Les trois clous de sa crucifixion.
  • Branche droite : glaive avec lequel Pierre coupe l'oreille droite du serviteur du grand prêtre. Roseau donné en guise de sceptre à Jésus, roi des Juifs, pour se moquer de lui.
  • Branche inférieure : éponge imbibée de vinaigre présentée à Jésus juste avant sa mort, au bout d'une branche d’hysope. Lance du soldat ayant percé son côté. Voile utilisé par Véronique pour essuyer son visage. Main du garde qui le gifle. Aiguière dont Ponce Pilate se sert pour se laver les mains et se dégager de toute responsabilité dans la condamnation. Colonne du Temple de Jérusalem à laquelle Jésus est attaché et flagellé par les soldats. Échelle utilisée pour descendre son corps de la Croix. Marteau ayant servi à enfoncer les clous et tenaille ayant servie à les enlever. Bourse de 30 deniers donnée à Judas pour sa trahison.

La restauration de la Croix, menée en 2015par l'association « Vivre à Campagnac et dans ses Hameaux», a permis de restituer les couleurs et les parties dorées d'origine. Financée par une souscription, elle a reçu le 3ème Prix Départemental du Patrimoine.

-Textes de l'Association "Vivre à Campagnac et dans ses Hameaux"-

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Office du Tourisme des Causses à l'Aubrac
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